Circulation à Beyrouth et au Liban .... un autre monde !

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papy
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Circulation à Beyrouth et au Liban .... un autre monde !

Message par papy »

Voici un extrait d'un article du journal francophone du Liban "L'Orient le Jour" http://www.lorientlejour.com/. Il illustre parfaitement le bordel généralisé sur les routes de ce pays 4 fois plus petit que la Suisse et habité par 4,5 millions de personnes dont 1,5 million à Beyrouth .... avec en été comme actuellement plus d'un million de touristes .... principalement libanais et arabes qui rendent visite à leur famille. A l'usage, j'ai compris que les deux seules règles respectées étaient que celui qui est devant (même de 10 cm) a la priorité, donc il peut se rabattre venant de droite ou de gauche quand il le veut ..... il faut donc être super attentif et chaque jour j'évite plusieurs accidents (certains forts grave sur les voies rapides) en lâchant les gaz voire en freinant brusquement parce que l'on me faits une queue de poisson ! Quant à la seconde règle qui découle de la première ..... celui qui est derrière veut passer devant .... par la droite ou la gauche bien entendu ! J'ai roulé dans de nombreux pays .... même en Indes, en Afrique du Nord et en Corse .... mais je n'ai encore jamais vu pareille situation. Hier soir pour en finir je me suis fait dépasser sur l'autoroute qui était bondée par un mec en moto avec une fille derrière .... les deux bien entendu sans casques et en shorts .... et il faisait du Wheeling entre les voitures par moment à plus de 100km/h, même dans un jeu vidéo on trouverait cela un poil exagéré !

Les routes libanaises s'apparentent davantage à un jeu vidéo en taille réelle qu'à un système auquel les automobilistes peuvent faire confiance. Mauvais état des routes et non-respect des règles : les autorités publiques et les usagers de la route se renvoient la responsabilité.

Il y a des façons de mourir plus absurdes que d'autres. Mourir au bord d'une autoroute, dans une odeur de pneus brûlés, ou finir ses jours dans le coma après un accident, ce sont des choses qu'il est possible d'éviter très facilement. Il suffit de s'imposer une discipline simple au volant : ne pas boire avant de conduire, ne pas rouler trop vite et respecter les quelques règles faciles à apprendre du code de la route. On évite ainsi de mettre en danger sa vie comme celles des autres automobilistes et des piétons. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : au Liban, tous les mois, plus de 30 personnes en moyenne meurent dans un accident de la route. Le mois dernier, selon le ministère de l'Intérieur, ce chiffre s'est élevé à 54 décès, contre 41 l'année dernière à la même période... Et on ne parle que des victimes mortes immédiatement dans l'accident, pas de celles qui ont succombé à leurs blessures (80 % des individus décédés sur la route ne portaient pas leur ceinture). Toujours en juillet, plus de 500 personnes ont été blessées dans les 289 accidents recensés par les autorités publiques. Le mois d'août ne s'annonce pas plus clément : déjà, la semaine dernière, plus de 10 personnes sont mortes et une centaine ont été blessées.
En 1997, un rapport publié par l'Institute of Transportation Engineers (ITE) recensait tous les facteurs qui faisaient des routes libanaises un espace d'insécurité permanent. Aujourd'hui, douze ans plus tard, les experts s'accordent pour dire que la situation n'a pas changé. Pire, avec l'accroissement du nombre de voitures en circulation, le manque d'entretien de certaines infrastructures et l'impunité totale dont bénéficient les automobilistes coupables d'infraction, les accidents sont de plus en plus nombreux et de plus en plus mortels.

Le flou des responsabilités
Selon les statistiques, l'erreur humaine reste la première cause des accidents. Le comportement des conducteurs de voitures et de motos sur la voie publique est loin de correspondre aux exigences de sécurité. Ainsi, la plupart des autos roulent beaucoup trop vite dans les agglomérations. Les limitations de vitesse sont certes rarement indiquées, mais le bon sens impose de ne pas rouler trop vite dans des zones fréquentées par de nombreux piétons, ainsi que sur des axes où le trafic est plus dense qu'ailleurs. Par ailleurs, les véhicules sont souvent mal entretenus et leurs propriétaires hésitent rarement à les utiliser après un verre de trop. De nombreuses autres infractions peuvent également être à l'origine des accidents. Ne pas respecter la priorité des autres véhicules ou celle des piétons, doubler une voiture alors que la visibilité est réduite, rouler trop près des autres voitures, ne pas respecter la file ou ne pas utiliser ses clignotants : autant de comportements dangereux qui font du réseau routier une véritable jungle.
Interrogés sur leur façon de conduire peu conventionnelle, certains automobilistes préfèrent se défaire de toute responsabilité. « Je voudrais bien respecter la loi, mais les autres ne le font pas non plus, donc ça ne servirait à rien, explique l'un d'entre eux. C'est chacun pour soi. En plus, les accidents sont surtout dus au mauvais état des routes. » Les autorités tentent actuellement d'améliorer la réglementation et son application (voir ci-contre). Cependant, le mauvais état et la mauvaise organisation des infrastructures routières sont un problème plus difficile à résoudre, car il nécessite plus de temps, plus d'organisation et surtout plus d'argent.

Dangers en série
Quiconque a déjà conduit une voiture au Liban se souvient des trous qui apparaissent soudainement sur la chaussée, des voies rapides qu'il faut traverser en faisant un demi-tour d'une direction à l'autre, des carrefours à la circulation chaotique ou encore des zones de travaux qu'il faut traverser dans la boue en risquant de renverser les ouvriers. D'autres problèmes sont moins apparents mais tout aussi dangereux. Par exemple, l'asphalte utilisé sur les chaussées n'est pas d'assez bonne qualité pour permettre aux roues de ne pas glisser en temps de pluie. La façon même dont les routes sont tracées constitue souvent un danger. Les voies ne sont pas régulièrement alignées et changent parfois de direction en obligeant le véhicule à déborder sur les autres voies ; les transitions entre des routes droites et des virages sont souvent trop brutales et constituent un risque de déstabilisation du conducteur. Par ailleurs, les experts de la sécurité routière dénoncent l'absence d'une institution ou d'une société qualifiée et dédiée exclusivement à la maintenance des infrastructures.
Cependant, et malgré les protestations d'innocence des automobilistes, les statistiques officielles les plus récentes montrent que 88 % des accidents sont liés à une erreur humaine. Le manque d'entretien des véhicules occupe une bonne place dans le classement, mais ce sont surtout les infractions graves au code de la route, comme la conduite en état d'ivresse ou le non-respect des limitations de vitesse, qui sont à l'origine des accidents mortels. Les problèmes sont nombreux et difficiles à résoudre, mais ils sont faciles à identifier. Il reste aux automobilistes comme aux autorités de s'y attaquer étape par étape, pour que le massacre s'arrête. Et justement, il n'est pas difficile de s'arrêter à un feu rouge.

La ceinture de sécurité.
Il y a encore un an, rares étaient les automobilistes libanais qui prenaient la peine d'utiliser cet accessoire pourtant essentiel à leur sécurité - certaines anciennes voitures n'en étaient même pas équipées. Le code de la route, quant à lui, ne mentionne pas l'obligation de porter la ceinture. En août 2008, cependant, Ziyad Baroud (ministre de l’Intérieur) prend un décret appelant à l'application immédiate de certaines règles essentielles, telles que les limitations de vitesse ou le port obligatoire de la ceinture de sécurité. Difficiles à contrôler par des patrouilles mal entraînées, les limitations de vitesse ne font pas long feu sur le terrain. Mais contre toute attente, les automobilistes bouclent leur ceinture sans rechigner. La répression est sévère, certes, mais c'est surtout une campagne médiatique sans précédent dans ce domaine qui fait effet. Et les Libanais font confiance à leur ministre, cet ancien militant social qui croît au changement.
Fort de son succès, Ziyad Baroud va tenter de continuer son œuvre de Monsieur Sécurité Routière. Précisément, il se confie la mission d'ouvrir un centre de sécurité routière, qui centralisera les informations sur le trafic routier dans et autour de la capitale, et qui gérera le fonctionnement des structures de signalisation. Le centre devrait commencer son travail dans quelques mois (« on est en train de brancher l'électricité », précise-t-on au ministère) et les signes extérieurs de son existence commencent à apparaître : feux de signalisation, caméras et panneaux essaiment à travers Beyrouth et attendent de commencer à servir.
Le ministre rêve de voir la circulation dans Beyrouth devenir fluide et sûre - ce modèle devrait ensuite s'appliquer au reste du pays. Les réformes ont commencé, mais elles promettent de prendre du temps : les infrastructures, notamment, doivent subir un lifting complet qui demande de longs travaux et surtout des fonds immenses. Faire respecter le code de la route nécessite l'envoi sur le terrain d'agents supplémentaires, dont la formation dure au moins six mois. Et il s'agit surtout de demander aux conducteurs de respecter le code de la route. En aval, il faut également lutter contre la corruption des agents de l'ordre, afin que ceux-ci aient assez de crédibilité pour faire respecter leur autorité. Par où commencer ? Une répression plus sévère est sans doute nécessaire, au risque de faire monter la grogne chez les automobilistes. « Je suis conscient que ces mesures ne seront pas populaires, mais il faut connaître ses priorités : ce n'est pas une campagne électorale que nous menons », explique Ziyad Baroud.

Cependant, le nouveau gouvernement devra sans doute revoir sa copie en termes de contact avec la population. Après l'annonce dans L'Orient-Le Jour des mesures spéciales prises par le ministère de l'Intérieur, vendredi dernier, pour faire baisser rapidement les taux spectaculaires d'accident mortels enregistrés cet été, plusieurs lecteurs ont écrit à la rédaction pour dénoncer l'hypocrisie du gouvernement. « Quand on a le malheur, écrit l'un d'entre eux, de rouler dans une rue où va passer un convoi blindé transportant un ministre quelconque, on se retrouve propulsé sur le bas-côté par les gardes du corps, au risque de heurter d'autres voitures ou de se retrouver dans le mur. » Ziyad Baroud tente de gommer cette image de loi à deux vitesses et voudrait faire passer le système en transmission automatique. Un numéro de téléphone, le 1744, a été mis en place pour recevoir des plaintes dans des situations de corruption ou de malversation impliquant des agents de police.

Les valets parking
Samedi, 2 heures du matin, place Riad el-Solh. Un embouteillage monstre bloque la circulation, et pourtant la place des Martyrs, sur laquelle débouche le trafic, est presque vide. Accident ? Check-point ? Non, seulement un bar à la mode... et ses voituriers. Reconnaissables à leurs tee-shirts marqués « valet parking », et moyennant un large pourboire, ils vous débarrassent de votre voiture à l'entrée du bar et la garent pour vous. Lorsque votre soirée est terminée, ils iront chercher votre véhicule pendant que vous les attendrez devant l'entrée. Tous ces allers-retours, ajoutés au temps qu'il faut aux clients pour descendre ou monter dans leurs voitures, ont vite fait de provoquer des bouchons tout au long de l'artère où se trouve le bar. C'est le même désordre qui se reproduit, jour et nuit, devant tous les établissements dont les clients estiment qu'il serait regrettable de marcher jusqu'à un parking.
Ces facteurs d'embouteillage s'ajoutent aux chantiers de travaux publics, aux rues trop étroites, aux voitures mal garées sur les trottoirs voire en deuxième ou troisième file et aux barrages de sécurité qui, ensemble, multiplient la longueur des bouchons autour des grandes villes. On pourrait penser que, dans ces ralentissements, les automobilistes sont au moins en sécurité. C'est compter sans le degré de stress provoqué par les retards et par la cacophonie de klaxons qui accompagne traditionnellement les embouteillages libanais. Une fois libérées, les voitures redémarrent de plus belle et le phénomène de défoulement qui en résulte, selon les psychologues, augmente le risque d'accidents graves !
Classic & Vintage Drivers
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