Moyen-Orient
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- papy
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Comme vous êtes nombreux à le savoir, je suis actuellement au Liban parce que ma femme y est affectée en tant que diplomate.
Ce matin j’ai eu la chance d’avoir l’opportunité de me rendre avec une délégation de l’ONU dans un camp de réfugiés palestinien au sud de Beyrouth (20'000 personnes dans ½ km carré). 300'000 réfugiés palestiniens vivent actuellement dans 12 camps sur le territoire libanais. Certains déjà depuis l’invasion des territoires palestiniens en 1947, d’autres depuis l’annexion sioniste de 1967.
J’en suis ressorti, vous pouvez l’imaginer, assez secoué …. avec en arrière plan dans mes pensées ce qui se passe actuellement dans la bande de Gaza … sans vouloir polémiquer, l’on peut comprendre le désespoir et les sentiments de vengeance qui habitent ce peuple. La guerre de Gaza ne peut qu’augmenter ce ressentiment à travers les jeunes générations. Le fossé des civilisations se creuse et il met en péril non seulement la stabilité de la région mais encore la crédibilité de nos pays européens. Pour ceux qui veulent aller plus loin dans leur réflexion, voici un extrait d’article paru dans le journal libanais de langue française l’Orient le Jour. http://www.lorient-lejour.com.lb/page.a ... =main-page
L’ampleur du génocide du peuple palestinien commis par Israël à Gaza, au vu et au su de la planète entière, amène inéluctablement à s’interroger sur la nature et les règles régissant les rapports politiques entre les pays proche-orientaux et cette puissance mondiale à la fois montante et établie qu’est l’Union européenne. Entre ces deux mondes quelque peu rapprochés par la géographie méditerranéenne et fatalement unis par la globalisation, mais séparés par un abysse de civilisations et de cultures, par deux perceptions différentes du temps, de l’histoire et de l’homme.
Si, au-delà de toute conception caricaturale des rapports internationaux, l’appui inconditionnel des États-Unis à Israël n’étonne quasiment plus de ce côté de la Méditerranée, la tiédeur officielle de l’UE face à l’horreur des massacres perpétrés par l’État hébreu à Gaza ne laisse pas indifférent un observateur acquis aux valeurs de la modernité et de la culture européenne. Dans ses réactions aux récents évènements, l’Europe a en effet souvent mis sur un pied d’égalité les roquettes dérisoires des Palestiniens et les bombes au phosphore blanc lancées par Israël contre un territoire surpeuplé, les erreurs du Hamas et les crimes de l’État hébreu, les souffrances infligées à une population civile sur sa propre terre et les tribulations de la force colonisatrice, aveugle et obstinée. Ce qui ne manquerait pas de réveiller un sentiment d’humiliation, d’offense et de rancune dans la rue arabe.
L’on ne sait que trop que l’Europe reste hantée par les images inqualifiables de l’Holocauste, par cette barbarie folle et déchaînée qui a raflé des millions de juifs, du fait de leur simple identité religieuse. Et que, faute de pouvoir rendre la vie aux victimes du génocide nazi, le Vieux Continent tente de se rattraper en faisant preuve de complaisance à l’égard d’Israël. Il reste qu’une Shoah n’en justifie pas une autre ; que la paix constitue la meilleure réparation faite aux civils massacrés en temps de guerre ; que tout génocide passé sous silence ne fait qu’ouvrir une voie sournoise à une autre extermination de plus grande envergure.
La mondialisation effrénée qui a laissé de nombreux laissés-pour-compte – dont les Arabes – a entraîné dans son sillage une globalisation du crime politique. Les attentats terroristes du 11 septembre et l’exacerbation des tensions entre les communautés juives et musulmanes en Europe sur fond des évènements à Gaza montrent que le conflit israélo-palestinien peut frapper de plein fouet l’Occident sur son propre territoire et de la plus odieuse des façons. Ni la distribution d’armes et de réacteurs nucléaires à tour de bras, ni les dérives sécuritaires contre les touristes et les émigrés, ni le soutien aux dictatures arabes et encore moins les relations d’amitié avec des tristes personnages, tels que Benjamin Netanyahu (leader de la droite radicale israélienne actuellement dans l'opposition) dont ne cesse de se vanter un chef d’État européen, ne pourront protéger l’UE face aux retombées néfastes de la guerre entre Israéliens et Palestiniens.
L’élaboration d’une vision juste et équilibrée du conflit proche-orientale s’impose aujourd’hui pour permettre à l’Europe de réoccuper la place qui devrait être la sienne dans la région, tout en se défendant face à la barbarie des uns et des autres. De rejouer un rôle que les Arabes, et surtout les Libanais, appellent de leurs vœux pour catalyser la modernité dans la région et favoriser la montée de forces politiques modérées face à l’essor de l’obscurantisme.
Je suis fier que ma GT1 porte haut les couleurs de mon pays de résidence provisoire ....
Ce matin j’ai eu la chance d’avoir l’opportunité de me rendre avec une délégation de l’ONU dans un camp de réfugiés palestinien au sud de Beyrouth (20'000 personnes dans ½ km carré). 300'000 réfugiés palestiniens vivent actuellement dans 12 camps sur le territoire libanais. Certains déjà depuis l’invasion des territoires palestiniens en 1947, d’autres depuis l’annexion sioniste de 1967.
J’en suis ressorti, vous pouvez l’imaginer, assez secoué …. avec en arrière plan dans mes pensées ce qui se passe actuellement dans la bande de Gaza … sans vouloir polémiquer, l’on peut comprendre le désespoir et les sentiments de vengeance qui habitent ce peuple. La guerre de Gaza ne peut qu’augmenter ce ressentiment à travers les jeunes générations. Le fossé des civilisations se creuse et il met en péril non seulement la stabilité de la région mais encore la crédibilité de nos pays européens. Pour ceux qui veulent aller plus loin dans leur réflexion, voici un extrait d’article paru dans le journal libanais de langue française l’Orient le Jour. http://www.lorient-lejour.com.lb/page.a ... =main-page
L’ampleur du génocide du peuple palestinien commis par Israël à Gaza, au vu et au su de la planète entière, amène inéluctablement à s’interroger sur la nature et les règles régissant les rapports politiques entre les pays proche-orientaux et cette puissance mondiale à la fois montante et établie qu’est l’Union européenne. Entre ces deux mondes quelque peu rapprochés par la géographie méditerranéenne et fatalement unis par la globalisation, mais séparés par un abysse de civilisations et de cultures, par deux perceptions différentes du temps, de l’histoire et de l’homme.
Si, au-delà de toute conception caricaturale des rapports internationaux, l’appui inconditionnel des États-Unis à Israël n’étonne quasiment plus de ce côté de la Méditerranée, la tiédeur officielle de l’UE face à l’horreur des massacres perpétrés par l’État hébreu à Gaza ne laisse pas indifférent un observateur acquis aux valeurs de la modernité et de la culture européenne. Dans ses réactions aux récents évènements, l’Europe a en effet souvent mis sur un pied d’égalité les roquettes dérisoires des Palestiniens et les bombes au phosphore blanc lancées par Israël contre un territoire surpeuplé, les erreurs du Hamas et les crimes de l’État hébreu, les souffrances infligées à une population civile sur sa propre terre et les tribulations de la force colonisatrice, aveugle et obstinée. Ce qui ne manquerait pas de réveiller un sentiment d’humiliation, d’offense et de rancune dans la rue arabe.
L’on ne sait que trop que l’Europe reste hantée par les images inqualifiables de l’Holocauste, par cette barbarie folle et déchaînée qui a raflé des millions de juifs, du fait de leur simple identité religieuse. Et que, faute de pouvoir rendre la vie aux victimes du génocide nazi, le Vieux Continent tente de se rattraper en faisant preuve de complaisance à l’égard d’Israël. Il reste qu’une Shoah n’en justifie pas une autre ; que la paix constitue la meilleure réparation faite aux civils massacrés en temps de guerre ; que tout génocide passé sous silence ne fait qu’ouvrir une voie sournoise à une autre extermination de plus grande envergure.
La mondialisation effrénée qui a laissé de nombreux laissés-pour-compte – dont les Arabes – a entraîné dans son sillage une globalisation du crime politique. Les attentats terroristes du 11 septembre et l’exacerbation des tensions entre les communautés juives et musulmanes en Europe sur fond des évènements à Gaza montrent que le conflit israélo-palestinien peut frapper de plein fouet l’Occident sur son propre territoire et de la plus odieuse des façons. Ni la distribution d’armes et de réacteurs nucléaires à tour de bras, ni les dérives sécuritaires contre les touristes et les émigrés, ni le soutien aux dictatures arabes et encore moins les relations d’amitié avec des tristes personnages, tels que Benjamin Netanyahu (leader de la droite radicale israélienne actuellement dans l'opposition) dont ne cesse de se vanter un chef d’État européen, ne pourront protéger l’UE face aux retombées néfastes de la guerre entre Israéliens et Palestiniens.
L’élaboration d’une vision juste et équilibrée du conflit proche-orientale s’impose aujourd’hui pour permettre à l’Europe de réoccuper la place qui devrait être la sienne dans la région, tout en se défendant face à la barbarie des uns et des autres. De rejouer un rôle que les Arabes, et surtout les Libanais, appellent de leurs vœux pour catalyser la modernité dans la région et favoriser la montée de forces politiques modérées face à l’essor de l’obscurantisme.
Je suis fier que ma GT1 porte haut les couleurs de mon pays de résidence provisoire ....
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Re: Moyen-Orient
beau message papé, mais je t'avoue que je ne sais plus qu'en penser
la seule chose qui me désole c'est les civils et les enfants qu'on massacre de part ou d'autre au nom de la paix et de la liberté entre les peuples. que ce soit d'un coté ou de l'autre, ce ne sont que des extrémistes au pouvoir, qui est l'agresseur, qui est l'agressé; il semble plutôt que ces peuples se servent de la religion pour relativiser leur sang de tribus guerrieres, tu remarqueras qu'avant chaque réelection politique (en ce moment en israël) les extrémistes font tout pour relancer les querelles et en l'occurence le hamas a intensifié ses lancers de roquettes;
maintenant politiquement parlant et quand j'y réflechis un poil plus, un pays surpeuplé sur une bande de terre octroyée par les occidentaux cherche forcément à étendre son territoire,
l'onu les oblige a céder une bande de terre au milieu, pour sédentariser et identifier des tribus
nomades, qui ne vivent que du commerce et de l'argent de pays voisins pour faire la guerre, (ce qui attire encore plus les gens a qui on interdit l'éducation et par delà la reflexion )
bref, et politiquement parlant, si ces peuples s'entretuent, çà arrange des gouvernements occidentaux qui fabriquent la guerre et qui se font payer par l'onu, les pays voisins qui fournissent la marchandise de guerre, les gouvernants de ces pays en guerre qui ne voient aucune possibilité d'expansion et de richesse economique dans ce désert.
j'aime pas les israëliens qui tapent sur la gueule aux civils,
j'aime pas les palestiniens qui envoient des roquettes sur les civils,
j'aime pas les pays autour qui favorisent financièrement ces pays en guerre
j'aime pas les américains qui cherchent a s'octroyer la rte du pétrole et qui font semblant de parler de paix en alimentant la guerre
j'aime pas les européens qui penchent dans le sens du vent de l'argent
bref un seul mot....... vive moi
euh et vive la suisse
la seule chose qui me désole c'est les civils et les enfants qu'on massacre de part ou d'autre au nom de la paix et de la liberté entre les peuples. que ce soit d'un coté ou de l'autre, ce ne sont que des extrémistes au pouvoir, qui est l'agresseur, qui est l'agressé; il semble plutôt que ces peuples se servent de la religion pour relativiser leur sang de tribus guerrieres, tu remarqueras qu'avant chaque réelection politique (en ce moment en israël) les extrémistes font tout pour relancer les querelles et en l'occurence le hamas a intensifié ses lancers de roquettes;
maintenant politiquement parlant et quand j'y réflechis un poil plus, un pays surpeuplé sur une bande de terre octroyée par les occidentaux cherche forcément à étendre son territoire,
l'onu les oblige a céder une bande de terre au milieu, pour sédentariser et identifier des tribus
nomades, qui ne vivent que du commerce et de l'argent de pays voisins pour faire la guerre, (ce qui attire encore plus les gens a qui on interdit l'éducation et par delà la reflexion )
bref, et politiquement parlant, si ces peuples s'entretuent, çà arrange des gouvernements occidentaux qui fabriquent la guerre et qui se font payer par l'onu, les pays voisins qui fournissent la marchandise de guerre, les gouvernants de ces pays en guerre qui ne voient aucune possibilité d'expansion et de richesse economique dans ce désert.
j'aime pas les israëliens qui tapent sur la gueule aux civils,
j'aime pas les palestiniens qui envoient des roquettes sur les civils,
j'aime pas les pays autour qui favorisent financièrement ces pays en guerre
j'aime pas les américains qui cherchent a s'octroyer la rte du pétrole et qui font semblant de parler de paix en alimentant la guerre
j'aime pas les européens qui penchent dans le sens du vent de l'argent
bref un seul mot....... vive moi
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- papy
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Re: Moyen-Orient
Voila de quoi t'éclairer par 2 articles du journal suisse Le Temps d'hier.
«Ils ferment les yeux sur le «sale boulot» fait par Israël»
Antoine Basbous, directeur de l'Observatoire des pays arabes.
Frédéric Koller
Le Temps: L'intervention de l'armée israélienne contre le Hamas a-t-elle reçu le feu vert de certains pays arabes?
Antoine Basbous: Pas formellement. Seuls le Hezbollah, la Syrie et le Qatar viennent en aide au Hamas. Mais les autres pays arabes ont le sentiment que le Hamas est instrumentalisé par l'Iran pour les mettre en difficulté et ils tentent d'y résister. Ils ne veulent pas être piégés par la stratégie iranienne et son bras armé en Palestine. Mais dans le même temps, ces mêmes pays arabes doivent gérer leurs opinions publiques qui, elles, ne savent pas forcément quel rôle joue l'Iran dans ce conflit. La rue arabe voit des corps déchiquetés et l'émotion est très forte.
- Quel est le jeu de l'Iran?
- L'Iran veut dire à Barack Obama: nous sommes l'interlocuteur incontournable de la région. Il cherche à créer une diversion. Pendant que l'on parle des souffrances du peuple de Gaza, l'on ne s'intéresse pas à la question de son programme d'armes nucléaires; pendant que l'armée israélienne bombarde Gaza, elle ne songe pas à attaquer l'Iran. Mais les choses sont rendues encore plus complexes par le contexte électoral israélien. La coalition au pouvoir traîne le boulet de l'échec de la guerre du Liban, en 2006, et veut à tout prix présenter un meilleur bilan avec une victoire contre le Hamas. Quant au Hamas, il en profite pour tenter d'écarter l'Autorité palestinienne et son président Abbas.
- Le régime égyptien parvient toutefois à conserver des contacts avec toutes les parties.
- L'enjeu de cette guerre est capital pour l'Egypte. Le Hamas est une émanation des Frères musulmans égyptiens, qui sont dans l'opposition et en sympathie avec l'Iran. Gaza est un enjeu de sécurité, de politique intérieure et internationale. L'Egypte est coincée entre la pression de l'émotion populaire et les enjeux politiques. Si le Hamas gagne à Gaza, les Frères musulmans se renforceront au Caire. C'est très délicat, d'autant que l'on se trouve dans un contexte de succession dynastique avec Hosni Moubarak, qui cherche à transmettre le pouvoir à son fils.
- Qu'en est-il de l'Arabie saoudite, qui a longtemps soutenu le Hamas?
- L'Arabie saoudite s'est sentie trahie par le Hamas et s'en méfie, car il a préféré s'allier avec l'Iran.
- Une trahison qui explique le soutien à l'intervention israélienne?
- Ce soutien n'est pas explicite. Les pays arabes modérés ont un double jeu: face à leur opinion publique, ils rivalisent de déclarations pour dénoncer les crimes d'Israël, soigner les blessés palestiniens, collecter des fonds pour les victimes, envoyer des médicaments, organiser de grandes prières. Mais, dans le fond, leur espoir le plus sincère est la chute du Hamas, même s'ils ne peuvent l'afficher.
- Quels sont ces pays arabes modérés?
- Si l'on exclut la Syrie et le Hezbollah (ndlr: au Liban), tous les autres ne soutiennent pas le massacre de Gaza, mais ils ferment les yeux pour que le «sale boulot» soit fait le plus vite possible par Israël. D'ailleurs, il suffit d'observer la position de l'Autorité palestinienne et la réaction des Palestiniens de Cisjordanie: ils sont silencieux.
- En Cisjordanie, on constate pourtant un soutien de plus en plus fort pour le Hamas...
- Sous les bombes contre Gaza, les sondages en Cisjordanie ne signifient pas grand-chose. Attendez la fin des combats, quand on verra les dégâts aux infrastructures, les pertes et les énormes souffrances. Le Hamas ne pourra les justifier. Mais tout dépend de l'issue de la guerre. Si le Hamas l'emporte, Mahmoud Abbas sera évidemment fini et c'est la ligne dure, celle de l'Iran, qui triomphera. Mais si le Hamas est brisé, les modérés pourront dire qu'ils avaient raison face aux va-t-en-guerre, et l'Iran sera déconsidéré. Cela dit, je dois bien reconnaître qu'il n'y aura pas d'enquête côté palestinien, contrairement à Israël, pour établir les responsabilités après guerre. On ne saura pas qui était contre la reconduction de la trêve.
Les gagnants et les perdants politiques de la guerre
Serge Dumont, Tel-Aviv
Le travailliste Ehoud Barak devient populaire. L'opposant Benyamin Netanyahou est affaibli
Lorsque Ehoud Barak a annoncé le 27 décembre qu'Israël lançait une opération militaire de grande envergure dans la bande de Gaza, personne à Jérusalem ne donnait cher de l'avenir politique du ministre de la Défense. Les enquêtes d'opinion le présentaient comme une personnalité politique «dépassée» et l'Avoda (le Parti travailliste) n'était plus crédité que de 7 à 8députés au lieu de 19aujourd'hui.
Mais la guerre de Gaza a tout changé. D'homme le plus critiqué d'Israël parce qu'il bridait son armée qui réclamait une opération de longue date, il est devenu «le meilleur stratège du pays» avec son «rempart contre le terrorisme». Des chroniqueurs politiques qui l'avaient traité de «nullité» ou d'«endormi» se sont excusés publiquement. Des centaines d'Israéliens lui ont écrit pour «demander pardon de l'avoir mal jugé».
Selon les derniers sondages, l'Avoda redeviendrait même un parti crédible susceptible de faire élire une quinzaine de députés à l'occasion des législatives du 10février prochain. «Ehoud Barak attire désormais une partie de l'électorat du Likoud (le parti nationaliste de Benyamin Netanyahou) et ruine les espoirs des petites listes d'extrême droite qui faisaient précisément campagne sur la nécessité d'en finir avec le Hamas», explique le chroniqueur politique Raviv Drucker.
Contraint de restreindre ses critiques à l'égard du gouvernement en raison de la guerre, le chef de l'opposition de droite Benyamin Netanyahou sort quant à lui affaibli par l'opération «Plomb durci». Certes, ses porte-parole répètent que «le Hamas n'existerait plus depuis longtemps si on l'avait écouté», mais ces arguments ne portent guère puisque l'opinion israélienne a l'impression qu'Ehoud Barak gère la guerre «comme il le faut».
Le Hamas et le Fatah
Du côté palestinien, l'unité nationale s'est constituée contre l'opération israélienne. En Cisjordanie, des voix commencent cependant à s'élever contre les «criminels du Hamas qui ont provoqué Israël et entraîné la population civile de Gaza dans la tourmente». Particulièrement visée, la direction politique du Hamas basée à Damas. «Ces planqués sont prêts à combattre jusqu'à la dernière goutte de sang des habitants de Gaza», dit-on à Ramallah.
Outre ses pertes en hommes et en matériel, l'organisation islamiste devra, lorsque le cessez-le-feu entrera en vigueur, gérer une bande de Gaza en ruine. Selon certains éditorialistes de Ramallah, la population pourrait lui demander des comptes pour cela «comme elle l'a fait avec le Fatah après la disparition de Yasser Arafat».
Pour l'heure, le grand perdant de l'opération israélienne est le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas puisque son mandat est arrivé à son terme et que des élections ne seront pas organisées avant longtemps dans les Territoires. En outre, il n'a jamais eu voix au chapitre durant cette guerre et ses tentatives de médiation n'ont recueilli aucun écho.
«Ils ferment les yeux sur le «sale boulot» fait par Israël»
Antoine Basbous, directeur de l'Observatoire des pays arabes.
Frédéric Koller
Le Temps: L'intervention de l'armée israélienne contre le Hamas a-t-elle reçu le feu vert de certains pays arabes?
Antoine Basbous: Pas formellement. Seuls le Hezbollah, la Syrie et le Qatar viennent en aide au Hamas. Mais les autres pays arabes ont le sentiment que le Hamas est instrumentalisé par l'Iran pour les mettre en difficulté et ils tentent d'y résister. Ils ne veulent pas être piégés par la stratégie iranienne et son bras armé en Palestine. Mais dans le même temps, ces mêmes pays arabes doivent gérer leurs opinions publiques qui, elles, ne savent pas forcément quel rôle joue l'Iran dans ce conflit. La rue arabe voit des corps déchiquetés et l'émotion est très forte.
- Quel est le jeu de l'Iran?
- L'Iran veut dire à Barack Obama: nous sommes l'interlocuteur incontournable de la région. Il cherche à créer une diversion. Pendant que l'on parle des souffrances du peuple de Gaza, l'on ne s'intéresse pas à la question de son programme d'armes nucléaires; pendant que l'armée israélienne bombarde Gaza, elle ne songe pas à attaquer l'Iran. Mais les choses sont rendues encore plus complexes par le contexte électoral israélien. La coalition au pouvoir traîne le boulet de l'échec de la guerre du Liban, en 2006, et veut à tout prix présenter un meilleur bilan avec une victoire contre le Hamas. Quant au Hamas, il en profite pour tenter d'écarter l'Autorité palestinienne et son président Abbas.
- Le régime égyptien parvient toutefois à conserver des contacts avec toutes les parties.
- L'enjeu de cette guerre est capital pour l'Egypte. Le Hamas est une émanation des Frères musulmans égyptiens, qui sont dans l'opposition et en sympathie avec l'Iran. Gaza est un enjeu de sécurité, de politique intérieure et internationale. L'Egypte est coincée entre la pression de l'émotion populaire et les enjeux politiques. Si le Hamas gagne à Gaza, les Frères musulmans se renforceront au Caire. C'est très délicat, d'autant que l'on se trouve dans un contexte de succession dynastique avec Hosni Moubarak, qui cherche à transmettre le pouvoir à son fils.
- Qu'en est-il de l'Arabie saoudite, qui a longtemps soutenu le Hamas?
- L'Arabie saoudite s'est sentie trahie par le Hamas et s'en méfie, car il a préféré s'allier avec l'Iran.
- Une trahison qui explique le soutien à l'intervention israélienne?
- Ce soutien n'est pas explicite. Les pays arabes modérés ont un double jeu: face à leur opinion publique, ils rivalisent de déclarations pour dénoncer les crimes d'Israël, soigner les blessés palestiniens, collecter des fonds pour les victimes, envoyer des médicaments, organiser de grandes prières. Mais, dans le fond, leur espoir le plus sincère est la chute du Hamas, même s'ils ne peuvent l'afficher.
- Quels sont ces pays arabes modérés?
- Si l'on exclut la Syrie et le Hezbollah (ndlr: au Liban), tous les autres ne soutiennent pas le massacre de Gaza, mais ils ferment les yeux pour que le «sale boulot» soit fait le plus vite possible par Israël. D'ailleurs, il suffit d'observer la position de l'Autorité palestinienne et la réaction des Palestiniens de Cisjordanie: ils sont silencieux.
- En Cisjordanie, on constate pourtant un soutien de plus en plus fort pour le Hamas...
- Sous les bombes contre Gaza, les sondages en Cisjordanie ne signifient pas grand-chose. Attendez la fin des combats, quand on verra les dégâts aux infrastructures, les pertes et les énormes souffrances. Le Hamas ne pourra les justifier. Mais tout dépend de l'issue de la guerre. Si le Hamas l'emporte, Mahmoud Abbas sera évidemment fini et c'est la ligne dure, celle de l'Iran, qui triomphera. Mais si le Hamas est brisé, les modérés pourront dire qu'ils avaient raison face aux va-t-en-guerre, et l'Iran sera déconsidéré. Cela dit, je dois bien reconnaître qu'il n'y aura pas d'enquête côté palestinien, contrairement à Israël, pour établir les responsabilités après guerre. On ne saura pas qui était contre la reconduction de la trêve.
Les gagnants et les perdants politiques de la guerre
Serge Dumont, Tel-Aviv
Le travailliste Ehoud Barak devient populaire. L'opposant Benyamin Netanyahou est affaibli
Lorsque Ehoud Barak a annoncé le 27 décembre qu'Israël lançait une opération militaire de grande envergure dans la bande de Gaza, personne à Jérusalem ne donnait cher de l'avenir politique du ministre de la Défense. Les enquêtes d'opinion le présentaient comme une personnalité politique «dépassée» et l'Avoda (le Parti travailliste) n'était plus crédité que de 7 à 8députés au lieu de 19aujourd'hui.
Mais la guerre de Gaza a tout changé. D'homme le plus critiqué d'Israël parce qu'il bridait son armée qui réclamait une opération de longue date, il est devenu «le meilleur stratège du pays» avec son «rempart contre le terrorisme». Des chroniqueurs politiques qui l'avaient traité de «nullité» ou d'«endormi» se sont excusés publiquement. Des centaines d'Israéliens lui ont écrit pour «demander pardon de l'avoir mal jugé».
Selon les derniers sondages, l'Avoda redeviendrait même un parti crédible susceptible de faire élire une quinzaine de députés à l'occasion des législatives du 10février prochain. «Ehoud Barak attire désormais une partie de l'électorat du Likoud (le parti nationaliste de Benyamin Netanyahou) et ruine les espoirs des petites listes d'extrême droite qui faisaient précisément campagne sur la nécessité d'en finir avec le Hamas», explique le chroniqueur politique Raviv Drucker.
Contraint de restreindre ses critiques à l'égard du gouvernement en raison de la guerre, le chef de l'opposition de droite Benyamin Netanyahou sort quant à lui affaibli par l'opération «Plomb durci». Certes, ses porte-parole répètent que «le Hamas n'existerait plus depuis longtemps si on l'avait écouté», mais ces arguments ne portent guère puisque l'opinion israélienne a l'impression qu'Ehoud Barak gère la guerre «comme il le faut».
Le Hamas et le Fatah
Du côté palestinien, l'unité nationale s'est constituée contre l'opération israélienne. En Cisjordanie, des voix commencent cependant à s'élever contre les «criminels du Hamas qui ont provoqué Israël et entraîné la population civile de Gaza dans la tourmente». Particulièrement visée, la direction politique du Hamas basée à Damas. «Ces planqués sont prêts à combattre jusqu'à la dernière goutte de sang des habitants de Gaza», dit-on à Ramallah.
Outre ses pertes en hommes et en matériel, l'organisation islamiste devra, lorsque le cessez-le-feu entrera en vigueur, gérer une bande de Gaza en ruine. Selon certains éditorialistes de Ramallah, la population pourrait lui demander des comptes pour cela «comme elle l'a fait avec le Fatah après la disparition de Yasser Arafat».
Pour l'heure, le grand perdant de l'opération israélienne est le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas puisque son mandat est arrivé à son terme et que des élections ne seront pas organisées avant longtemps dans les Territoires. En outre, il n'a jamais eu voix au chapitre durant cette guerre et ses tentatives de médiation n'ont recueilli aucun écho.
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Re: Moyen-Orient
je vois en effet que tu es plus au courant de ce qui se passe la bas, les articles recueillis sur place en font foi; en europe, on voit surtout les battements d'ailes hyppocrites de nos gouvernants, et la médiatisation de la crise économique aidant, ceci reste au second plan.
je t'assurre que vu de ma part, j'entend parler de conflits israelo/arabe depuis que je suis tout petit. le bon, agressé par les méchants, est a 2 doigts d'y passer et le sauveur américain qui débarque pil/poil; digne d'un roman feuilleton ... 67, 73, c'est une guerre minima tousles 10ans
aujourd'hui l'opinion change un peu, et les médias nous disent que les images sont truquées.
les israëliens bombardent un batiment civil, des images circulent faisant voir des innocents victimes, le lendemain on dit que c'est des images d'archives, le surlendemain le hamas se sert de civils comme boucliers, et pendant ce temps des roquettes tombent encore de l'autre coté de la frontière. ouais t'as raison de crier a l'injustice, y a des innocents qui crèvent dans toutes les guerres, doit on pour cela laisser un gouvernement terroriste jouer habilement avec les images et les médias comme il a si bien appris a le faire depuis 2001, en voulant modifier l'opinion des gens. j'en suis a penser qu'on devrait organiser un terrain de paintball permanent,
en 3 manches, on reunit tous ces maldes ensemble et on y balance une bombe au milieu, au moins y resterait que des civils ..... pour un temps.
je sais c'est con , mais ces co..... y me gavent méchant.
je t'assurre que vu de ma part, j'entend parler de conflits israelo/arabe depuis que je suis tout petit. le bon, agressé par les méchants, est a 2 doigts d'y passer et le sauveur américain qui débarque pil/poil; digne d'un roman feuilleton ... 67, 73, c'est une guerre minima tousles 10ans
aujourd'hui l'opinion change un peu, et les médias nous disent que les images sont truquées.
les israëliens bombardent un batiment civil, des images circulent faisant voir des innocents victimes, le lendemain on dit que c'est des images d'archives, le surlendemain le hamas se sert de civils comme boucliers, et pendant ce temps des roquettes tombent encore de l'autre coté de la frontière. ouais t'as raison de crier a l'injustice, y a des innocents qui crèvent dans toutes les guerres, doit on pour cela laisser un gouvernement terroriste jouer habilement avec les images et les médias comme il a si bien appris a le faire depuis 2001, en voulant modifier l'opinion des gens. j'en suis a penser qu'on devrait organiser un terrain de paintball permanent,
en 3 manches, on reunit tous ces maldes ensemble et on y balance une bombe au milieu, au moins y resterait que des civils ..... pour un temps.
je sais c'est con , mais ces co..... y me gavent méchant.
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Franconen
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Re: Moyen-Orient
z'ont qu'a faire le ménage chez eux, chopper les connards d'intégristes qui fabriquent et balancent des roquettes sur israël et les pendre par les couilles!
- papy
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Re: Moyen-Orient
On pourrait peut-être se poser la question du pourquoi ils balancent des roquettes sur Israël et pourquoi ils sont devenus intégristes ..... certes la réponse remonte à plus de 50 ans et elle n'a pas été résolue depuis, bien au contraire, de plus elle est assez dérangeante pour nos bonnes consciences européennes !
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Franconen
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Re: Moyen-Orient
Les religions c'est le cancer de l'humanité et comme les intégristes israëliens sont peut-ètre pire que les palestiniens on est pas sortis de l'auberge.
- Riko
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Re: Moyen-Orient
ça fait 1000 ans que c'est comme ça ... effectivement on en est pas sorti 
Plus sérieusement, c'est comme partout et la plusqu'ailleurs sans doute. Vous enlevez les extrémistes ( et la droite israélienne n'a rien a envier aux barjos du hamas ) et tout le monde vivra en paix. C'est donc malheureusement pas pour demain ça surtout apres une guerre même éclair, mais extremement dur et sans merci
Plus sérieusement, c'est comme partout et la plusqu'ailleurs sans doute. Vous enlevez les extrémistes ( et la droite israélienne n'a rien a envier aux barjos du hamas ) et tout le monde vivra en paix. C'est donc malheureusement pas pour demain ça surtout apres une guerre même éclair, mais extremement dur et sans merci
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Franconen
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Re: Moyen-Orient
Bah c'est pas mieux chez nous, depuis quelques mois ça tombe comme des mouches
avec le coup du hangar en point d'orgue il y a quelques jours.