Moyen-Orient
Publié : ven. 16 janv. 2009 14:02
Comme vous êtes nombreux à le savoir, je suis actuellement au Liban parce que ma femme y est affectée en tant que diplomate.
Ce matin j’ai eu la chance d’avoir l’opportunité de me rendre avec une délégation de l’ONU dans un camp de réfugiés palestinien au sud de Beyrouth (20'000 personnes dans ½ km carré). 300'000 réfugiés palestiniens vivent actuellement dans 12 camps sur le territoire libanais. Certains déjà depuis l’invasion des territoires palestiniens en 1947, d’autres depuis l’annexion sioniste de 1967.
J’en suis ressorti, vous pouvez l’imaginer, assez secoué …. avec en arrière plan dans mes pensées ce qui se passe actuellement dans la bande de Gaza … sans vouloir polémiquer, l’on peut comprendre le désespoir et les sentiments de vengeance qui habitent ce peuple. La guerre de Gaza ne peut qu’augmenter ce ressentiment à travers les jeunes générations. Le fossé des civilisations se creuse et il met en péril non seulement la stabilité de la région mais encore la crédibilité de nos pays européens. Pour ceux qui veulent aller plus loin dans leur réflexion, voici un extrait d’article paru dans le journal libanais de langue française l’Orient le Jour. http://www.lorient-lejour.com.lb/page.a ... =main-page
L’ampleur du génocide du peuple palestinien commis par Israël à Gaza, au vu et au su de la planète entière, amène inéluctablement à s’interroger sur la nature et les règles régissant les rapports politiques entre les pays proche-orientaux et cette puissance mondiale à la fois montante et établie qu’est l’Union européenne. Entre ces deux mondes quelque peu rapprochés par la géographie méditerranéenne et fatalement unis par la globalisation, mais séparés par un abysse de civilisations et de cultures, par deux perceptions différentes du temps, de l’histoire et de l’homme.
Si, au-delà de toute conception caricaturale des rapports internationaux, l’appui inconditionnel des États-Unis à Israël n’étonne quasiment plus de ce côté de la Méditerranée, la tiédeur officielle de l’UE face à l’horreur des massacres perpétrés par l’État hébreu à Gaza ne laisse pas indifférent un observateur acquis aux valeurs de la modernité et de la culture européenne. Dans ses réactions aux récents évènements, l’Europe a en effet souvent mis sur un pied d’égalité les roquettes dérisoires des Palestiniens et les bombes au phosphore blanc lancées par Israël contre un territoire surpeuplé, les erreurs du Hamas et les crimes de l’État hébreu, les souffrances infligées à une population civile sur sa propre terre et les tribulations de la force colonisatrice, aveugle et obstinée. Ce qui ne manquerait pas de réveiller un sentiment d’humiliation, d’offense et de rancune dans la rue arabe.
L’on ne sait que trop que l’Europe reste hantée par les images inqualifiables de l’Holocauste, par cette barbarie folle et déchaînée qui a raflé des millions de juifs, du fait de leur simple identité religieuse. Et que, faute de pouvoir rendre la vie aux victimes du génocide nazi, le Vieux Continent tente de se rattraper en faisant preuve de complaisance à l’égard d’Israël. Il reste qu’une Shoah n’en justifie pas une autre ; que la paix constitue la meilleure réparation faite aux civils massacrés en temps de guerre ; que tout génocide passé sous silence ne fait qu’ouvrir une voie sournoise à une autre extermination de plus grande envergure.
La mondialisation effrénée qui a laissé de nombreux laissés-pour-compte – dont les Arabes – a entraîné dans son sillage une globalisation du crime politique. Les attentats terroristes du 11 septembre et l’exacerbation des tensions entre les communautés juives et musulmanes en Europe sur fond des évènements à Gaza montrent que le conflit israélo-palestinien peut frapper de plein fouet l’Occident sur son propre territoire et de la plus odieuse des façons. Ni la distribution d’armes et de réacteurs nucléaires à tour de bras, ni les dérives sécuritaires contre les touristes et les émigrés, ni le soutien aux dictatures arabes et encore moins les relations d’amitié avec des tristes personnages, tels que Benjamin Netanyahu (leader de la droite radicale israélienne actuellement dans l'opposition) dont ne cesse de se vanter un chef d’État européen, ne pourront protéger l’UE face aux retombées néfastes de la guerre entre Israéliens et Palestiniens.
L’élaboration d’une vision juste et équilibrée du conflit proche-orientale s’impose aujourd’hui pour permettre à l’Europe de réoccuper la place qui devrait être la sienne dans la région, tout en se défendant face à la barbarie des uns et des autres. De rejouer un rôle que les Arabes, et surtout les Libanais, appellent de leurs vœux pour catalyser la modernité dans la région et favoriser la montée de forces politiques modérées face à l’essor de l’obscurantisme.
Je suis fier que ma GT1 porte haut les couleurs de mon pays de résidence provisoire ....
Ce matin j’ai eu la chance d’avoir l’opportunité de me rendre avec une délégation de l’ONU dans un camp de réfugiés palestinien au sud de Beyrouth (20'000 personnes dans ½ km carré). 300'000 réfugiés palestiniens vivent actuellement dans 12 camps sur le territoire libanais. Certains déjà depuis l’invasion des territoires palestiniens en 1947, d’autres depuis l’annexion sioniste de 1967.
J’en suis ressorti, vous pouvez l’imaginer, assez secoué …. avec en arrière plan dans mes pensées ce qui se passe actuellement dans la bande de Gaza … sans vouloir polémiquer, l’on peut comprendre le désespoir et les sentiments de vengeance qui habitent ce peuple. La guerre de Gaza ne peut qu’augmenter ce ressentiment à travers les jeunes générations. Le fossé des civilisations se creuse et il met en péril non seulement la stabilité de la région mais encore la crédibilité de nos pays européens. Pour ceux qui veulent aller plus loin dans leur réflexion, voici un extrait d’article paru dans le journal libanais de langue française l’Orient le Jour. http://www.lorient-lejour.com.lb/page.a ... =main-page
L’ampleur du génocide du peuple palestinien commis par Israël à Gaza, au vu et au su de la planète entière, amène inéluctablement à s’interroger sur la nature et les règles régissant les rapports politiques entre les pays proche-orientaux et cette puissance mondiale à la fois montante et établie qu’est l’Union européenne. Entre ces deux mondes quelque peu rapprochés par la géographie méditerranéenne et fatalement unis par la globalisation, mais séparés par un abysse de civilisations et de cultures, par deux perceptions différentes du temps, de l’histoire et de l’homme.
Si, au-delà de toute conception caricaturale des rapports internationaux, l’appui inconditionnel des États-Unis à Israël n’étonne quasiment plus de ce côté de la Méditerranée, la tiédeur officielle de l’UE face à l’horreur des massacres perpétrés par l’État hébreu à Gaza ne laisse pas indifférent un observateur acquis aux valeurs de la modernité et de la culture européenne. Dans ses réactions aux récents évènements, l’Europe a en effet souvent mis sur un pied d’égalité les roquettes dérisoires des Palestiniens et les bombes au phosphore blanc lancées par Israël contre un territoire surpeuplé, les erreurs du Hamas et les crimes de l’État hébreu, les souffrances infligées à une population civile sur sa propre terre et les tribulations de la force colonisatrice, aveugle et obstinée. Ce qui ne manquerait pas de réveiller un sentiment d’humiliation, d’offense et de rancune dans la rue arabe.
L’on ne sait que trop que l’Europe reste hantée par les images inqualifiables de l’Holocauste, par cette barbarie folle et déchaînée qui a raflé des millions de juifs, du fait de leur simple identité religieuse. Et que, faute de pouvoir rendre la vie aux victimes du génocide nazi, le Vieux Continent tente de se rattraper en faisant preuve de complaisance à l’égard d’Israël. Il reste qu’une Shoah n’en justifie pas une autre ; que la paix constitue la meilleure réparation faite aux civils massacrés en temps de guerre ; que tout génocide passé sous silence ne fait qu’ouvrir une voie sournoise à une autre extermination de plus grande envergure.
La mondialisation effrénée qui a laissé de nombreux laissés-pour-compte – dont les Arabes – a entraîné dans son sillage une globalisation du crime politique. Les attentats terroristes du 11 septembre et l’exacerbation des tensions entre les communautés juives et musulmanes en Europe sur fond des évènements à Gaza montrent que le conflit israélo-palestinien peut frapper de plein fouet l’Occident sur son propre territoire et de la plus odieuse des façons. Ni la distribution d’armes et de réacteurs nucléaires à tour de bras, ni les dérives sécuritaires contre les touristes et les émigrés, ni le soutien aux dictatures arabes et encore moins les relations d’amitié avec des tristes personnages, tels que Benjamin Netanyahu (leader de la droite radicale israélienne actuellement dans l'opposition) dont ne cesse de se vanter un chef d’État européen, ne pourront protéger l’UE face aux retombées néfastes de la guerre entre Israéliens et Palestiniens.
L’élaboration d’une vision juste et équilibrée du conflit proche-orientale s’impose aujourd’hui pour permettre à l’Europe de réoccuper la place qui devrait être la sienne dans la région, tout en se défendant face à la barbarie des uns et des autres. De rejouer un rôle que les Arabes, et surtout les Libanais, appellent de leurs vœux pour catalyser la modernité dans la région et favoriser la montée de forces politiques modérées face à l’essor de l’obscurantisme.
Je suis fier que ma GT1 porte haut les couleurs de mon pays de résidence provisoire ....
